CONTRIBUTION PERSONNELLE DE SERGE GOUTMANN (Section de Chelles-Vaires-Brou-Courtry)
n Les différents textes proposés par la Commission «Animation du Débat» – en vue de la Conférence Nationale du PCF du 14 Décembre prochain – posent toute une série de questions stratégiques d’analyse de la période passée et d’orientations pour l’activité des communistes pour la période à venir.
n Si nous pouvons nous retrouver dans la plupart des questionnements soumis à la réflexion collective des adhérent.e.s, force est de constater que – même s’il est dit «qu’il nous faut dresser un constat sans tabou» – la suite de la phrase placée en exergue de l’invitation au débat en restreint dès l’abord le champ en affirmant sans réserve que «nous sommes convaincus que l’orientation que nous avons adoptée au 39ème congrès est plus d’actualité que jamais» -, réduisant ainsi l’analyse critique à l’évaluation des «obstacles et difficultés de mise en œuvre auxquels nous sommes confrontés», sans véritablement accepter d’interroger le fondement même des choix stratégiques opérés en Avril 2019 et leurs conséquences – tant en termes de visibilité et d’effectivité (se traduisant le cas échéant par des résultats électoraux ?!) qu’en termes de renforcement réel de l’activité du PCF dans divers secteurs pourtant jugés à juste titre comme prioritaires (entreprises, quartiers, jeunesse, féminisme, discriminations, etc…).
n Dès lors, l’appel à contribution se voit d’emblée amputé de toute dimension critique ou autocritique (pourtant largement opportune, et même indispensable, au vu des médiocres résultats obtenus tant aux Européennes qu’aux Législatives de 2024) :
– Comment ne pas s’interroger par exemple, au vu de la «spirale du déclassement» à laquelle nous assistons imperturbablement, sur la responsabilité qui pourrait être la nôtre en tant que parti, précisément en termes d’orientations stratégiques, avec le choix entre autres de faire cavalier seul à la Présidentielle de 2022 (comme d’ailleurs aux Européennes 2024) ?
– Comment s’étonner dans ces conditions que la France Insoumise ait pu et su capitaliser alors, à notre détriment, l’espoir populaire en un changement de société ?
– Comment s’étonner de l’hégémonie gagnée par cette même France Insoumise aux Législatives 2024 au sein de l’accord NFP conclu in extremis, alors que nous n’avions cessé dans l’intervalle de tirer à boulets rouges sur l’ex-Nupes, au désespoir d’une grande partie des électeurs de gauche ?
– Comment s’étonner aussi de notre discrédit – auprès de la jeunesse notamment – après les salves de saillies quasi-poujadistes proférées dans les médias (étonnamment accueillants dans la période?!) par notre propre secrétaire national ?
Bref, le cadre proposé pour ce débat entre communistes en vue de la prochaine Conférence Nationale s’avère limitatif, voire contraignant (…et même inquiétant lorsque l’on lit par exemple, à propos de possibles nouvelles élections législatives anticipées en Juillet 2025, que l’on devrait se poser la question de savoir s’il est «possible de présenter des candidats dans l’ensemble des circonscriptions»?). EXIT donc le Nouveau Front Populaire ? (…comme nous avons tiré sur l’ex-Nupes ?).
n Dans une situation marquée par l’urgence sociale et démocratique (sous la menace d’une alliance droite/extrême-droite, avec tous les périls qui vont de pair pour notre peuple et notre république), le choix serait-il donc de préserver envers et contre tout ce qu’il reste de notre «identité», ou bien plutôt d’oeuvrer à tous niveaux (du local au national) au renforcement ici maintenant de l’alliance et de la dynamique de rassemblement à gauche portée par le Nouveau Front Populaire
n Pour de nombreux communistes sincères (dont je suis), poser la question, c’est y répondre sans ambage. Il est dommage qu’une fois de plus, ce ne soit pas la tendance promue par préférence et en responsabilité par nos directions… Il serait pourtant bien temps de réfléchir à une véritable «alternative communiste» – porteuse d’espoir et de changement radical dans une perspective délibérément unitaire !